Les mythes de la contraception : premier épisode (le stérilet)

« La pilule fait grossir » et « le stérilet rend stérile », « on ne peut tomber enceinte qu’en milieu de cycle » ou encore « j’allaite donc je ne risque pas de tomber enceinte ». Les légendes urbaines sur la contraception et la conception circulent encore aujourd’hui. Nous vous aidons à démêler le vrai du faux.

Pour bien des femmes, les nombreuses options contraceptives disponibles de nos jours rendent le choix difficile : DIU hormonal ou en cuivre, pilule, implants ou patchs hormonaux ou encore le préservatif (masculin ou féminin).
Pour vous aider à faire un choix éclairé sur votre méthode de contraception, nous ferons le point dans les prochaines semaines sur ce sujet avec une série d’articles   Commençons par le stérilet

Le stérilet

Le stérilet appelé aussi dispositif intra-utérin ou DIU est une méthode de contraception populaire car réversible et efficace. Il s’agit d’un accessoire en forme de “T”, d’une longueur d’environ 3 cm que le professionnel de santé introduit dans la cavité utérine. En barrant le passage des spermatozoïdes et en bloquant l’implantation de l’œuf dans la muqueuse utérine, il empêche la gestation.  Le dispositif est muni d’un petit fil qui dépasse de l’utérus permettant de le retirer.

Il existe deux types de stérilets :

  • Le stérilet hormonal :

Les stérilets hormonaux contiennent du lévonorgestrel, hormone proche de la progestérone qui se diffuse au sein des parois utérines et empêche la muqueuse de se développer normalement, évitant la nidation d’un œuf fécondé.

Ce type de dispositif, interférant avec le cycle hormonal, peut, comme la pilule, réduire le volume des menstruations ou leurs régularités.

  •  Le stérilet au cuivre :

Ce stérilet est composé d’un fil de cuivre enroulé autour de sa tige verticale. Plus le stérilet contient du cuivre, plus celui-ci sera efficace. Le cuivre possède des propriétés contraceptives par sa composition, rendant les spermatozoïdes inactifs.

Le stérilet n’est pas indiqué pour les femmes qui n’ont pas accouché ? – FAUX

Certains professionnels de santé et de nombreuses femmes croient, à tort, qu’il n’est pas possible d’installer un stérilet pour chez une femme n’ayant jamais accouché. Très clairement, c’est le gynécologue qui décidera de l’éligibilité au stérilet en prenant en compte les antécédents de sa cliente.

Si la candidate remplit les critères le stérilet possède de nombreux avantages : méthode de contraception à long terme, réversible, efficace et sans danger.

La pose d’un stérilet est très douloureuse ? – FAUX

Il existe une sensation d’inconfort lors de la pause d’un stérilet, mais de nombreuses femmes la trouve plutôt supportable. Il est possible de ressentir après coup des douleurs apparentes à des douleurs menstruelles mais celle-ci restent passagères et sont surmontables en prenant des anti-douleurs, si nécessaire.

Le stérilet rend stérile. À son retrait, je vais avoir du mal à concevoir ? – FAUX

Ce mythe sur le stérilet est un des plus persistants. Il n’a jamais été démontré que le stérilet pouvait rendre infertile, y compris chez les femmes n’ayant jamais eu d’enfants. La protection contre une grossesse involontaire est très efficace, mais attention, dès que le stérilet est retiré, vous risquez à nouveau de tomber enceinte.

Si je porte un stérilet, mes règles vont disparaître ? – VRAI, mais pas toujours.

Porter un stérilet hormonal pendant un certain temps peut amener à un arrêt (provisoire)des règles. Si certaines femmes y voient un avantage incontestable, d’autres peuvent s’alarmer en attribuant cet arrêt de règles à une grossesse involontaire ou un début de ménopause.

Le stérilet ne convient pas à toutes et la pose d’un DIU est rarement la première option proposée aux adolescentes et aux jeunes femmes. On a tendance à croire qu’il est réservé “aux mamans”, alors que c’est un moyen de contraception pratique, simple et peu coûteux, qui conviendra à bien des femmes.

Et n’oubliez pas : Le seul à être capable de faire le point sérieusement avec vous est votre gynécologue

Le prochain article sera consacré à la pilule, la protection la plus utilisée par les françaises.